Une étudiante poignardée à mort pour son portable : les droits de sa famille

Marseille, dimanche soir, la jeune femme est décédée après avoir été agressée par un homme qui aurait voulu dérober son téléphone portable à la sortie du métro La Timone à Marseille.

Publié le 18/03/2019 à 02:09

Marseille : Etudiante poignardée à mort

D’après le journal La Provence, le drame s’est produit aux alentours de 21h en plein centre de Marseille devant l’hôpital la Timone lorsqu’un individu aurait tenté de lui voler son téléphone portable.

Selon cette source, la jeune femme de 21 ans, originaire d’Aix-en-Provence et étudiante en anthropologie ne s’est pas laissée faire. Elle a été blessée au thorax.
Des passants, témoins de la scène ont appelé les marins-pompiers de Marseille (Bouches-du-Rhône). Les secours n’ont rien pu faire pour la sauver. Elle a été admise dans un état grave à l’hôpital, en arrêt cardio-respiratoire. Rapidement, la victime a succombé à ses blessures.
Le téléphone n’aurait pas été retrouvé sur elle.
L’auteur des coups de couteau a réussi à prendre la fuite et n’a pas été identifié. Il est toujours recherché.
Le Procureur a ordonné l’ouverture d’une enquête afin de déterminer précisément les circonstances de l’agression.

C’est la seconde attaque au couteau à Marseille en moins d’une semaine. Trois hommes ont poignardé un jeune homme de 18 ans à la hanche alors qu’ils tentaient de lui arracher son téléphone portable. Son pronostic vital n’est pas engagé.

L’analyse juridique de la situation 

Les coups et blessures volontaires sont des violences infligées dans le but de blesser délibérément la victime et de porter atteinte à son intégrité physique. Selon le niveau de l’infraction et les blessures de la victime, les sanctions sont plus ou moins sévères. Pour que des poursuites pénales soient engagées, l’auteur de l’agression doit impérativement avoir été identifié. A défaut, la famille de la jeune étudiante ne pourra obtenir que l’indemnisation de leur préjudice.

Les poursuites pénales

Si l’auteur du coup de couteau est identifié, il sera poursuivi pour homicide volontaire.

La loi française distingue le meurtre de l’assassinat qui est un homicide volontaire prémédité.

La distinction est importante car la peine d’emprisonnement encourue est différente.

En effet, le meurtre est passible de 30 ans de prison.

L’assassinat est passible de la réclusion criminelle à perpétuité.

La réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 30 ans est la peine maximale de prison en France ; cette période de perpétuité incompressible peut être prononcée, en cas de :
– meurtre avec viol, tortures ou acte de barbarie d’un mineur de moins de quinze ans ;
– meurtre en bande organisée d’une personne dépositaire de l’autorité publique (policier, magistrat, etc.) et ce, à l’occasion ou en raison de ses fonctions ;
– assassinat d’une personne dépositaire de l’autorité publique à l’occasion ou en raison de ses fonctions (policier, magistrat, etc.)  ;
– crime terroriste.

Pour tous les autres crimes, le maximum de la période de sûreté est de 22 ans.

Durant la période fixée, tout allégement de peine est ainsi exclu (placement sous surveillance électronique, placement à l’extérieur, etc.).

La Cour d’Assise est la juridiction compétente pour sanctionner l’auteur.

Si l’agresseur de la jeune étudiante poignardée à Marseille est retrouvé, il sera mis en examen en vue d’être jugé pour meurtre.
Pour en savoir plus : la condamnation pénale de l’auteur de l’agression


L’indemnisation du préjudice des proches

En qualité d’héritier ou de proche, la loi française permet la réparation des préjudices moraux, économiques (remboursement des frais d’obsèques, etc.).

Si l’agresseur n’est pas identifié

Si l’auteur du coup de couteau n’est jamais retrouvé ou est insolvable, les proches de la jeune étudiante devront saisir la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infraction (CIVI) pour obtenir une indemnisation.
Pour en savoir plus : agresseur inconnu ou insolvable : l’indemnisation de la victime

Si l’agresseur est identifié

Les proches doivent se constituer partie civile pour être partie au procès.
Ainsi, la Cour pourra prononcer d’une part une sanction pénale (peine d’emprisonnement, amende, etc.) et d’autre part, la condamnation de l’agresseur à la réparation des préjudices des proches.
Pour en savoir plus : agresseur identifié : l’indemnisation de la victime 


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